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Guédelon, le château pour remonter le temps

Guédelon, le chateau à remonter le temps

Le projet de château fort

L'idée de construire un château fort à partir de rien germe depuis 1994 dans la tête de Michel Guyot, propriétaire
et restaurateur du château de Saint-Fargeau. Dans ce but, il met en place un comité scientifique qui cautionne
le projet (avec notamment l'archéologue Nicolas Faucherre et le castellologue Christian Corvisier qui ont travaillé
à Saint-Fargeau) et il est fait appel à Maryline Martin qui devient la directrice générale du chantier médiéval.

Le choix du terrain s'est arrêté sur le site de Guédelon en raison de sa position (sur une légère éminence idéale pour la surveillance)
et en raison de ses ressources naturelles, comme il était d’usage durant l’époque médiévale car les transports de matériaux étaient lents
et onéreux : il est situé directement dans une carrière de grès ferrugineux (ce qui permet une réduction des coûts et
des délais de transport) et dans une forêt (où l'on récolte du bois de chauffe pour la chaux), d'une route,
où l'on dispose d'arène gréseuse, de glaise et d'eau. Cette route permet d'autre part l'accès des visiteurs au chantier.
La première pierre est posée le 20 juin 1997 et le chantier est prévu pour durer 25 années, au travers de
l'Association des Compagnons Bâtisseurs de Puisaye créée à cet effet.

En cinq mois, l'association a levé l'équivalent de 460 000 Euros avec le soutien de l'Union européenne,
de la Bourgogne, de collectivités locales mais aussi d'une compagnie d'assurance française, d'un groupe de télévision
et d'une compagnie d'électricité.
Trente-cinq personnes ont été embauchées dont des maçons, des charpentiers professionnels et des personnes non qualifiées,
en plus d'une centaine de bénévoles ponctuels. Par la suite, une société à actions simplifiée est créée, actions détenues
principalement par Michel Guyot et Maryline Martin, et remplaçant l'association qui ne reçoit pas de subvention.
Le chantier est visitable du début mars à novembre ; le reste de l'année il tourne au ralenti, avec notamment les tailleurs de pierre
qui continuent leur travail. La première année du chantier, celui-ci avait accueilli 80 000 visiteurs.
Guédelon a démarré comme un chantier médiéval sur une conception dont la plupart des difficultés ne sont examinées
qu’au fur et à mesure qu’elles se présentent. Le projet initial n’a résolu ni la totalité des plans et des masses,
ni la chronologie d’enchaînement des travaux. On a d’abord paré à l'immédiat : la fabrication des mortiers,
la taille et l’approvisionnement de la pierre (essentiellement du grès ferrugineux qui peut contenir 30 à 40% de minerai de fer
extrait de la carrière au pied du château, et du calcaire pour les œuvres d'art).
Environ trente mille tonnes de grès seront nécessaires pour la construction du château.

Evolution de la construction.

En 1997, tandis que les plans du château sont réalisés par l'architecte en chef des monuments historiques Jacques Moulin,
le chantier est installé en forêt où débute le défrichement d'une clairière de 10 hectares par les essarteurs.
Ils sont relayés par les terrassiers qui rendent le terrain parfaitement plat et les maçons qui établissent les fondations.

En 1998, une grange d'entrée dédiée à l’accueil des visiteurs, des loges de toile et de bois destinées au travaux du village
et aux artisans sont rapidement construites et la construction des soubassements du château débute. Le chantier ouvre
au public le 1er mai 1998. Un an plus tard, la cour est remblayée et les premiers murs s'élèvent à un mètre cinquante de haut ;
la tour de la chapelle et la courtine ouest prennent peu à peu forme.

En 2001, le périmètre bâti monte à trois mètres. Tandis que la construction du pont dormant se termine,
celles de l'escalier à vis de la tour de la chapelle (mise en place de douze marches) et de l'escalier rampant
de la tour maîtresse se poursuivent. La citerne d’approvisionnement en eau du château est achevée en 2001 et le puits coiffé de sa margelle.

En août 2002 le pont a été achevé , constitué de 57 troncs de chêne et de 670 clous forgés à la main.
La tour de la chapelle comporte désormais une voûte à croisée d'ogives et 12 marches de plus sur son escalier à vis.
C'est aussi le début de l'édification de la poterne.

L'année 2003 est marquée par la construction du logis seigneurial de 13,8 m de longueur et la mise en charge de la voûte de la tour maîtresse.
Deux cages d'écureuil sont construites. Démontables pour pouvoir être remontées en différents points du château,
elles ont un simple tambour dans lequel un homme peut soulever à lui seul une charge de 150 kg à plus de 4 mètres de hauteur.

Les deux années suivantes 2004 et 2005 voient l'aménagement du rez-de-chaussée de la tour maîtresse : le sol est dallé,
on construit la porte, l’assommoir, des archères. La construction de l'escalier rampant se poursuit, et on démarre enfin
l'édification de la tuilerie qui se termine en 2006.

Le logis seigneurial reçoit sa charpente en 2010. Pendant la saison 2011, la couverture du toit formée de 28 000 tuiles est achevée,
la courtine reçoit une cage d'écureuil pour monter les matériaux sur la tour maîtresse. À la différence des deux cages précédentes,
celle-ci est pivotante sur presque 180° et à double tambour, deux hommes pouvant désormais monter 400 à 500 kg de mortier ou
600 kg de pierres en une seule montée.

Au printemps 2014, un moulin à eau est construit près du château avec l'aide de l'Inrap, après une collaboration de deux ans.
Il possède une longueur de cinq mètres, une hauteur de 5,60 mètres et une largeur de 2,50 mètres.
Il est alimenté par une roue à aubes de 2,40 mètres qui fait fonctionner une meule d'environ un mètre de diamètre et d’environ 250 kilogrammes.
Mis en eau au printemps, ce moulin est inauguré et présenté au public le 21 mai 2014.
Il est inspiré de deux moulins découverts à Thervay dans le Jura après une fouille préventive lors du chantier de la ligne LGV Rhin-Rhône,
l'un deux datait d'une période comprise entre les VIIIe et Xe siècles, tandis que l’autre datait entre les XIe et XIIe siècles.

À terme, les courtines de 9 mètres de hauteur et 2,50 mètres d’épaisseur, entourées de fossés secs, formeront un périmètre de
150 mètres et dessineront un plan polygonal (la façade Sud faisant 52,50 mètres, la façade Nord 49,50 mètres,
la façade Ouest 50,10 mètres et l'Est 47,10 mètres. Les tours de flanquement feront 15 mètres de hauteur,
celle du logis 23,10 mètres et le donjon 28,50 mètres




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© A Moreaux (01 Juillet 2017)
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